Il y a ton sourire.

Il y a ton sourire.
Il y a ton sourire qui se lève
C'est comme une lueur d'espoir
Il y a l'ombre et la lumière
Au milieu notre trajectoire
IL fallait choisir une route
Alors on a choisi la pluie
Acide à s'en bruler le coeur
Pourvu que planent les esprits
Il y a tes yeux qui me tuent
Quand tu me dis que c'est fini
Il y a le vent de nos sanglots
Qui souffle pour une amnistie
Mais rien n'arretera la lutte
Rien ne séchera cette pluie
Rien ne finira la chute
Rien ne finit l'infini

Rien ne desserrera nos mains
Rien n'éteindra l'éphémère
Nos forces, nos forces seront nos destins
puis nous perceront les mystères
Il y a les lois de l'empire
Et les trous noirs dans ma mémoire
Il y a le meilleur et puis le pire
Au milieu de notre trajectoire
Combien tu vends ta liberté,
Dis combien tu vends ta poésie
Moi j'ai même vendu mon âme au diable pour ton sourire
Puisque tout est aléatoire dans le chao des univers
Et puisque insoluble est la réponse et puisque déjà me manque l'air
Et qu'importe les directions jusqu'au delà de la limite
Tous les chemins ménent à tes yeux
Tous les chemins mènent à la fuite

Rien ne desserre nos mains
Rien n'éteindra l'éphémère
Nous forcerons nos destins
Nous perceront les mystères
Rien ne desserrera ces poings
L'univers, l'univers... nous retrouverons nos chemins
Nos idées puis l'univers

Il y a ton sourire qui se lève
C'est comme une lueur d'espoir
Il y a l'ombre et la lumière
Au milieu de notre trajectoire
Il fallait choisir une route
Alors on a choisi la pluie
Acide à s'en bruler le coeur
Pourvu que planent les esprits


**Damien Saez**

# Posté le samedi 07 novembre 2009 14:04

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 16:34

Automne

Automne
Aujourd'hui un homme meurt. Au milieu de tous ces arbres aux reflets rouges, verts, oranges et jaunes, au milieu de ce paysage magnifique et coloré d'automne, aujourd'hui un ange meurt.

Une lueur d'espoir au sommet de la falaise où un simple rayon de soleil trouve sa place. Sur une roche, une goutte d'eau brille de mille feux. C'est une larme. La larme d'un ange. Dans le ventre de la Terre semble naître un orage.

Aujourd'hui un ange pleure. L'homme essuie ses yeux avec le revers de sa manche qui semble usée. Peut-il sentir la présence de l'être céleste qui l'accompagne? Sait-il qu'il n'est plus seul?

L'atmosphère s'alourdit sous le poids de la souffrance. L'homme saute, pieds joints et bras écartés. Il sent pénétrer en lui la fraîcheur saisonnière qui l'assomme. Il s'envole, dans ses oreille le vacarme de l'air qui le caresse. L'illusion du silence laisse alors place à la réalité de la vie. L'ange le regarde, d'en haut, et dans sa réalité silencieuse un cri strident aiguise son audition. Il s'époumone mais il est déjà trop tard.

Aujourd'hui un homme meurt. Il pensait pouvoir s'envoler comme un ange au milieu de ce paysage aux milles couleurs, au milieu de cet espoir qui brûlait son c½ur.

Seulement... Les couleurs automnales ne suffisent pas à rendre la vie moins fade.

**Toinou**
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# Posté le samedi 24 octobre 2009 17:03

Un clown flouté.

Un clown flouté.
Un clown ! Il a vu un clown ! A moins que ce ne soit qu'un enfant déguisé? Non, c'était un clown !
Il s'en rappel comme si c'était hier. Il l'a vu assis, sur la banquette arrière d'une voiture. Une Citroën peut-être.

Le souvenir d'un grand sourire rouge et d'une peau blanche le percuta tout de suite. Cependant, lorsqu'il leva un peu les yeux, il vit une joue qui se démaquillait d'un fin trait vertical, comme si une larme coulait le long de son visage... Un clown qui pleure, impossible! Sûrement un effet d'optique dû à la pluie qui fracassait alors la vitre de la voiture.
Tout cela se passa en deux secondes, juste le temps d'arracher un petit pincement au c½ur de l'homme. De la joie ou de la tristesse?
Il se prit alors d'une vague mélancolique qui le transporta dans un monde ou le rose est teint de noir. Le clown pleurait-il ou était-ce la pluie? Comment le savoir... Tant qu'il ne le saurait pas, il resterait triste.

L'homme se força à penser à autre chose mais n'y parvenait pas. Ce soir là, il ne dormit pas. Et la pluie frappait les fenêtres. Il se concentra sur le son berçant du fracas de l'eau dans l'espoir de trouver le chemin de son inconscience et du repos. Il n'y parvenait pas. Il voyait partout le visage de ce pauvre clown, ou peut-être bien ce gamin déguisé, sur lequel une larme semblait couler.
Quand bien même ce n'était qu'une illusion due à la pluie, pourquoi son esprit a-t-il décider de voir une larme au creux de la joue de cet homme sensé être si drôle?
Il n'arrivait pas à penser à autre chose qu'à ce pauvre clown qui lui sembla si triste malgré le large sourire qui lui était dessiné sur le visage.

Parfois les émotions sont inexprimables, parfois les hommes préfèrent cacher leur mélancolie et leur désespoir derrière un sourire plastique, et toute cette fausse humanité entoure ces êtres sans y prêter attention.
Triste émotion que nous gardons par pudeur ou fierté et qui nous rend si seul... L'homme fini par s'endormir en pensant à ces quelques mots qu'il se répétait sur un air lent et doux.

Le matin, il se leva en pensant déjà à sa rencontre de la veille. La journée s'annonce plutôt ensoleillée, bien que son âme reste sombre. Il pense alors au bel oxymore connu de Baudelaire « Je connais bien le soleil noir de la mélancolie ». Une envie de pleurer l'immergea avant même qu'il ne pu prendre son petit déjeuner. C'est pathétique.
Il ne se laissa tout de même pas abattre et, comme tous les matins, alla chercher son journal jeté sur le pas de sa porte tout en faisant chauffer son café.
Il fut pétrifié lorsqu'il lu, en gros titre, sur la première page des nouvelles « un enfant et ses parents sont morts hier dans un accident de voiture. Le sourire clownesque du gamin ne leur a pas suffit pour voir la vie en rose. »

Un mois plus tard apparaissait sur la tombe de l'enfant un nez rouge sur lequel était écrit en feutre noir « Les clowns ne pleurent pas, les clowns ne meurent pas. Etait-ce la pluie? Je ne le saurai jamais ».


**Toinou**

# Posté le jeudi 22 octobre 2009 12:52

L'envers du décors.

L'envers du décors.
Blanc, tout est blanc. Blanc comme la pureté, blanc comme l'insouciance.

Son visage se tourne et là... Il croise son regard. Des yeux profond à la couleur émeraude dans lesquels il plonge à s'en noyer. L'univers arrête d'évoluer, le temps semble s'être arrêté.

Au milieu de toute cette humanité, il ne voit qu'elle. Son c½ur bat la chamade, sa vue se trouble. Il tremble de désir.
Mais elle, ressent-elle cette émotion qu'il diffuse?
Les yeux aux vertes profondeurs se dispersent, regardent ailleurs. Pourtant elle l'a vu, il en est sûr. Il se concentre tout en la fixant afin qu'elle le remarque une fois encore et que leurs regards puissent de nouveau se croiser.
On le bouscule, on ne s'excuse pas.
« Tous ce peuple me fou la gerbe, pense t'il, heureusement qu'elle est là. » Au milieu de son désarroi il a l'impression de devenir fou, lorsque soudain...
Une chaleur incontrôlable s'empare de son être. Il a envie de crier, de s'époumoner à en mourir. Il veut qu'elle le regarde, qu'elle sache combien il l'aime et combien il pourrait la rendre heureuse.
La chaleur monte dans tout son corps. Il explose. De grosses larmes ruissellent le long de sa barbe mal rasée.
Il est maintenant à genoux dans cette rue pleine de pensée, de conscience, et d'ignorance. Il est seul et voit en cette femme son reflet. Il a le besoin, comme tout homme, de se sentir rassuré face à sa solitude pesante en ce moment de beauté et d'ivresse de l'âme.
Il pleure. Il crie. Elle le regarde enfin, il esquisse un sourire.
Une vieille dame passe devant lui en pressant le pas, n'a-t-elle jamais aimé? Peu lui importe, la femme qui l'obsède semble s'approcher.
« - Bonjour monsieur, comment vous prénommez vous?
- B... Bonjour, mon nom est Aimé. Quel est le votre? »
L'homme la regarde, il fixe sa pupille noire dans laquelle il peut lire un petit rire. Il sèche ses joues, se relève et attend d'entendre une fois encore la voix de cette magnifique créature. Sans doute pour s'assurer de son existence. Ses sens lui ont déjà joué tellement de tours...
Elle s'approche un peu plus et lui chuchote sur un air malicieux :
« Mon nom est Espérance. »

Et elle rit, elle rit... Elle rit à en fendre le c½ur de ce pauvre homme qui crie, qui crie à s'en déchirer les cordes vocales.

Une infirmière ouvre la porte. Elle tient à la main une seringue dont elle injecte le contenu à l'homme, couché, qui se réveil d'un bond.
Encore cette salle blanche, encore ces fous qui hurlent à en mourir. Son c½ur semble s'arrêter de battre.

Lui préfère dormir, lui préfère le monde de son inconscience, le monde de l'espérance, même s'il le fait souffrir.

# Posté le dimanche 18 octobre 2009 15:17

La Gare de la Vie.

La Gare de la Vie.
Tous les yeux se tournent vers le Sud, tous les visages s'illuminent. Une atmosphère de sympathie flotte au-dessus de cette humanité .Les gens sont ensemble mais ne se regardent pas. Chacun a sa vie qu'il est facile de s'imaginer.
Les murs tremblent et les rictus deviennent sourire : Le bonheur approche à grand pas.
Pourtant, dans ce brouillard obscure que m'offre la foule, un vieil homme attire mon attention. Il a sur son dos ce qui pourrait ressembler à sa vie : un vieux sac déchiré, sale, et à l'odeur repoussante.
Le vieux semble observer la situation et une larme vient à couler sur sa joue. A quoi peut-il bien penser ?
A ses lèvres pend une danseuse enflammée, enfin, je veux dire un gitane, et il ne me voit pas.
Les gens passent sans s'arrêter, sans le regarder, sans lui sourire.

Sa cigarette se consume...

Il semble être dans la solitude la plus profonde. Je m'en vais lui parler, je m'en vais partager un peu de bonheur avec cet homme. Non. Je me ravise. Je ne suis finalement pas si différent de tous ces gens que je dénonce, et cela me fait peur. Pourquoi voudrait-il converser avec moi ?

Sa cigarette est à bout de souffle...

J'ai de la compassion pour ce vieux qui parle seul, comme s'il était un aède qui récite ses quelques vers appris par c½ur. Seul. Il paraît si misérable. Seul. Avec pour unique amie sa pensée que personne ne peut s'acquérir. Cet homme qui semble si pauvre est finalement bien riche. Riche d'expériences. Riche de solitude.
Seul. Il est seul dans cette gare ou le train siffle déjà l'heure du départ vers le Nord.

Sa cigarette s'étouffe...

On ne voit pas toujours la richesse que nous possédons, car aujourd'hui, la richesse ne se compte qu'en dollars.
Je me tourne, baisse la tête, et marche doucement. Je ne pense qu'à Lui, Lui qui a changé ma vie, Lui dont je sens le regard se poser sur ma nuque. Je repars, aussi seul que le vieux, mais plus riche que je ne suis arrivé.

... Il s'éteint. Seul. Son mégot pendant à ses lèvres. Il n'y a rien. Rien d'autre que le sifflement du silence après le passage d'un train...

**Toinou**

# Posté le mardi 13 octobre 2009 15:59

Modifié le mercredi 14 octobre 2009 05:19